Céreste: Origines à Nos Jours

Histoire 

Préhistoire et Antiquité 

Pont romain de Céreste

Les fouilles faites à la Combe Joubert ont révélées un site paléolithique de première importance. Dans un dépôt alluvial, ont été retrouvés des bifaces et des produits Levallois datés de la fin du pléistocène moyen mais qui ont une grande similitude avec l'acheuléen supérieur méditerranéen[16]. Des tombes de l’Âge du Bronze ont été retrouvées dans la grotte de Carluc[17].

Un vicus gallo-romaine était établi au quartier Saint-Sauveur. Il peut s’agir de Catuiaca[18]. L’époque romaine a laissé un four de potier, un hypogée et des sarcophages à Saint-Sauveur. Deux ponts romains enjambaient l'un l'Encrême et l'autre l'Aiguebelle. En 1758, près de celui de l'Encrême a été découvert une borne milliaire. Le quartier Saint-Martin a lui aussi livré des vestiges romains avec des tombes à incinération et une pierre gravée ATI/IO/Porci V. F.[19].

Moyen Âge 

Le prieuré de Carluc est fondé au XIe siècle. Un autre prieuré, celui de Saint-Sauveur au pont sur le Calavon, appartenait aux XIIe et XIIIe siècles à l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon[20].

En 1113, Stephanus Scizerest (Étienne de Céreste), fut témoin à Apt et signataire de l'acte d'achat fait par Laugier d'Agoult, évêque d'Apt, des châteaux qui sommaient le rocher de Saignon et du don qu'il en fait à son Église d'Apt[21].

Bertrand du Guesclin

Au début du XIe siècle, entre 1117 et 1122, l'évêque Laugier d'Agoult transigea avec Rodolphe, l'abbé de Saint-Victor de Marseille. L'évêque donna à l'abbé les église et prieuré de Céreste avec leurs dépendances. Il retint pour son Église un tiers des droits de sépulture et une coupe d'huile d'olive. L'abbé remit à l'évêque le quart des dîmes qu'il prélevait déjà sur Céreste et trois églises rurales en pays d'Apt[22].

Raymond de Turenne

Du château, ayant appartenu aux Sabran et aux Brancas, subsiste les traces des murailles, parfois doubles, et quelques pans de murs du côté sud. D’autres parties du mur d’enceinte sont entières, avec une bretèche reposant sur quatre corbeaux[23].

Le fait le plus marquant de cette période fut la bataille de Céreste. Elle opposa les routiers de Bertrand du Guesclin à l'ost de Provence commandée par le sénéchal Raymond d'Agoult qui avait à ses côtés Raymond de Turenne et son père Guillaume III Roger de Beaufort, neveu de Clément VI. Au cours de l'année 1368, alors que depuis un an Urbain V était retourné à Rome, Louis 1er d'Anjou décida de s'approprier la Provence. Il fit appel à Bertrand du Guesclin qui passa le Rhône au cours du mois de mai, assiégea Tarascon, batailla devant Arles et remonta ensuite vers Apt. Poursuivi par les troupes du sénéchal de Provence, le Breton se replia à Céreste. Le choc entre les deux armées vit la lourde défaite des Provençaux. Cet exploit valut à Du Guesclin d'être excommunié par le pape le 1er septembre 1368[24],[25].

Renaissance 

Les remparts ont conservé la porte renaissance (XVe siècle[26]).

Jusqu'en 1648, il n'y eut pas de cure dans le village, l'église paroissiale Saint-Michel et le prieuré de Notre-Dame de Beauvoir étant desservis par les moines de Saint-Victor de Marseille[27].

Le fief, qui avait dépendu des comtes de Forcalquier puis de Provence, passa à la famille de Brancas[28], qui obtint son érection en marquisat en 1674[29].

La tour d’Embarbe (d’Embarbo) est une ancienne tour défensive du XVIe siècle, transformée en pigeonnier[30].

Période moderne 

Au début du XVIIIe siècle, les frères Estieu exploitaient un four à poteries[31].

Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792[32].

Au milieu du XIXe siècle, l'élevage principal était celui des porcins[33]. La vigne et les oliveraies colonisaient les collines, le blé couvrait les vallées. Et la commune était réputée pour ses truffes d'une exceptionnelle grosseur. Le village comportait plusieurs filatures à soie. Une carrière à ciel ouvert permettait d'exploiter la lignite, elle s'étendait sur 166 hectares[34]. Sur le chemin de Viens, dans une grotte, était exploité du poudingue utilisé pour faire de pierres meulières[35].

René Char pendant la Résistance

Période contemporaine 

René Char au cours de la Seconde Guerre mondiale rejoignit la Résistance et devint le chef du réseau installé sur la commune. Il dut prendre une décision dramatique, laisser fusiller son camarade Roger Bérard pour que Céreste ne subisse pas la répression des SS. Il narre dans les Feuillets d'Hypnos : « Nous étions sur les collines dominant Céreste, des armes à faire craquer les buissons et au moins égaux en nombre aux SS. Je n'ai pas donné le signal parce que le village devait être épargné à tout prix »[36]

Toponymie

La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1054 (Cicereste, Cederesta en 1143[28]). Bien que son étymologie ne soit pas clairement établie, elle est rapprochée de celle du Ceyreste proche de La Ciotat, aux origines prégrecques et préceltiques (Kitairesta), formé d’un terme signifiant mont[37],[38].

 

Source Wikipédia

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